L'Envers de la Question
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Quelle différence entre acting out et passage à l'acte ?

Dans les deux cas, quelque chose se joue dans l'action. Mais l'acting out reste adressé à un autre, tandis que le passage à l'acte marque une sortie de la scène où le sujet pouvait encore être représenté.

L'acting out est une mise en scène agie qui s'adresse souvent à quelqu'un, même si le sujet ne sait pas clairement ce qu'il montre. Le passage à l'acte désigne davantage une chute hors de la scène symbolique : le sujet ne cherche plus à faire entendre quelque chose dans le même cadre, il s'en extrait brutalement.

Une personne peut multiplier les retards, provoquer une scène, envoyer un message au moment le plus chargé ou adopter une conduite qui oblige enfin quelqu'un à réagir. L'action n'est pas simplement une décision pratique. Elle porte quelque chose qui n'a pas trouvé sa formulation dans la parole.

Il faut cependant éviter de qualifier toute conduite impulsive d'acting out. Une action peut être liée à une colère compréhensible, à une contrainte matérielle ou à une décision réfléchie. La notion concerne une fonction dans une scène et dans une adresse, pas un jugement moral sur le comportement.

Dans l'acting out, l'action fonctionne comme une scène adressée. Quelqu'un est supposé voir, comprendre ou répondre. Le sujet peut dire qu'il ne voulait rien montrer, mais le geste prend sens dans la relation : faire attendre, apparaître ailleurs, rompre publiquement ou répéter une conduite qui force l'interlocuteur à demander ce qui se passe.

L'adresse peut rester énigmatique. Elle ne signifie pas que le sujet a écrit consciemment un message à transmettre. Elle indique que l'action conserve un lien avec l'Autre et qu'une parole peut parfois reprendre la scène après coup.

Le passage à l'acte désigne une rupture plus radicale avec la scène où le sujet pouvait être représenté. Au lieu de faire signe à l'autre depuis une place, le sujet chute hors de cette place. Le mouvement peut être soudain et produire après coup un sentiment d'étrangeté ou de ne plus savoir ce qui s'est passé.

Cette notion ne doit pas être utilisée pour dramatiser toute décision brusque. Elle prend sa valeur dans la disparition temporaire des médiations : mots, délai, adresse et possibilité de négocier. Lorsqu'il existe un danger pour soi ou pour quelqu'un, la priorité est la sécurité et l'aide immédiate, pas l'interprétation.

Une fois la crise passée, demander seulement pourquoi vous avez fait cela peut produire une explication trop rapide. Il faut aussi retrouver la scène : qui était là, quelle place était devenue impossible, quel mot n'avait pas pu être dit et à quel moment l'action a semblé la seule issue.

Reconstituer cette suite ne justifie pas les conséquences. Cela peut permettre de repérer le moment où une action adressée risque de devenir une sortie sans retour. Une phrase, un appel, un délai ou la présence d'un tiers peut parfois réintroduire une médiation avant que la scène ne se rompe.

À qui votre action semble-t-elle s'adresser, même si vous ne vouliez rien montrer ? À quel moment la parole ou la négociation sont-elles devenues impossibles ? Quelle médiation pourrait être réintroduite avant que la scène ne se rompe ?

Cette notion se prolonge avec qu'est-ce que le transfert en psychanalyse ?, qu'est-ce que le symptôme en psychanalyse ?.