L'Envers de la Question
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Qu'est-ce que l'identification en psychanalyse ?

S'identifier n'est pas simplement imiter quelqu'un. C'est une manière de se constituer à partir d'un trait, d'une place ou d'un lien qui vous inscrit dans le désir des autres.

L'identification désigne le processus par lequel un sujet fait entrer dans sa manière d'être quelque chose qui vient d'une autre personne ou d'une place symbolique. Elle participe à la construction du moi et des idéaux, mais peut aussi rendre difficile la séparation d'une image héritée.

Un enfant apprend à parler avec des mots qui existaient avant lui. Il reprend des gestes, des expressions et des manières de répondre. Cette reprise n'est pas une copie consciente. Elle lui permet d'entrer dans une histoire et de trouver une place parmi ceux qui l'attendent.

Plus tard, une personne peut se reconnaître dans un trait très précis : la force d'un parent, l'humour d'un ami, la rigueur d'un professeur ou la fragilité d'une figure admirée. Elle ne devient pas cette personne entière. Un élément de son style ou de sa position devient un point à partir duquel elle se reconnaît.

Vous pouvez parler comme quelqu'un sans vous identifier à lui, et vous identifier à une personne dont vous ne reproduisez aucun geste visible. L'identification concerne une place et une valeur : être celui qui sait, celle qui ne demande rien, la personne qui protège ou celle qui réussit.

C'est pourquoi une identification peut continuer après la disparition ou l'éloignement de la personne réelle. Ce qui a été repris n'est plus simplement une présence extérieure. Cela organise les choix, les attentes et parfois les reproches que vous vous adressez.

Freud distingue plusieurs formes d'identification et montre leur rôle dans la formation du moi et du surmoi. Une personne peut se construire à partir de traits aimés, mais aussi intégrer une interdiction ou une exigence. Ce qui a été reçu comme condition d'amour peut devenir une règle intérieure.

La question n'est pas de savoir quelles identifications sont authentiques ou fausses. Toute identité humaine est traversée par des emprunts. Il s'agit d'observer celles qui vous donnent une capacité d'agir et celles qui vous obligent à répéter une place même lorsque vous ne la choisissez plus.

Quitter une identification ne consiste pas à rejeter toute ressemblance avec ceux qui vous ont construit. Vous pouvez conserver un trait, une langue ou une valeur sans continuer à obéir à la place entière qui les portait. Cette séparation demande de distinguer ce que vous avez reçu de ce que vous devez encore répéter.

Demandez-vous ce que vous deviendriez si vous n'étiez plus le responsable, le brillant, le discret ou le réparateur. La réponse ne sera peut-être pas une nouvelle définition immédiate. Elle peut commencer par une variation : faire autrement dans une situation où l'ancien trait semblait obligatoire.

Quel trait d'une autre personne utilisez-vous pour vous reconnaître ? Quelle place devez-vous occuper pour avoir le sentiment d'être quelqu'un ? Que pourriez-vous conserver de votre histoire sans continuer à en répéter toute la scène ?

Cette notion se prolonge avec quelle différence entre moi idéal et idéal du moi ?.